A cause de Jésus et de l’Evangile

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4ème dimanche de Pâques : Commentaires de Frère Charles sur l’évangile selon St Jean

« Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé. »

Que vous êtes bon, mon Dieu, de nous donner sans cesse dans cet Évangile, de ces principes généraux qui, en un mot, forment une règle pour toutes nos actions et toute notre vie !.. Ici, vous nous répétez ce que vous nous avez dit si souvent dans cet évangile : le salut, la sainteté, consistent dans la foi, car la foi contient et le fait d’écouter docilement les enseignements de Dieu et de ses représentants, et le fait de les accomplir (les croire, les écouter et ne pas les pratiquer serait une injure à Dieu, ce serait plus coupable que de ne pas les croire)… La foi qui contient l’obéissance de l’esprit recevant docilement les enseignements divins, et l’obéissance par les œuvres conformes à ces enseignements, se résout donc dans l’obéissance, cette obéissance fille de l’amour, qui lui est nécessairement et indissolublement liée, quand l’amour s’adresse à un être parfait, au seul Être parfait… Que vous êtes bon, mon Dieu, en nous jetant dans la foi de nous jeter d’elle dans l’obéissance, de l’obéissance dans l’amour et par là de continuer si constamment votre œuvre miséricordieuse « d’allumer sur la terre » le feu de l’amour de Dieu !
Notre Seigneur est « la porte »… « Entrons par lui », en croyant en lui, en croyant pleinement en lui, et à son Église et à ses saints Livres, et à tous ses enseignements et à ses moindres paroles. Pénétrons-nous profondément de cette vérité que toutes ses paroles sont « esprit et vie », « ne passeront pas » ; croyons-les toutes et qu’elles soient la direction de notre vie. « Vivons-en »… « Le juste vit de foi. » Ne nous contentons pas de lire les paroles de Notre Seigneur, de les méditer, de les approuver, de les admirer, de les prêcher ; appliquons-les, vivons-en, faisons-les passer dans notre vie : c’est là ce qui distingue l’âme religieuse de l’âme mondaine : la première « vit de foi », la deuxième vit des maximes du monde ; la première dirige sa vie sur le fondement des paroles de Jésus, la deuxième la dirige sur le fondement des principes humains. « Vivons donc de foi », en laissant de côté la raison humaine qui est « folie devant Dieu », et en réglant notre vie d’après les paroles de la Sagesse divine, qui est « folie devant les hommes ». « Entrons par lui » en l’aimant de tout notre cœur… « Entrons par lui », en l’imitant… « Entrons par lui » en lui obéissant… Les brebis sont attachées à leur pasteur, le regardent, le suivent, lui obéissent ; à leur exemple aimons notre divin Pasteur, regardons-le, par la contemplation, suivons-le par l’imitation, obéissons-lui [1].


[1M/466, sur Jn 10,1-10, en C. DE FOUCAULD, L’imitation du Bien-Aimé. Méditations sur les Saints Évangiles (2), Nouvelle Cité, Montrouge 1997, 186-187.