A cause de Jésus et de l’Evangile

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2ème dimanche de Pâques : Commentaires de Frère Charles sur l’évangile selon St Jean

« Paix avec vous… Paix avec vous… Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie… Ceux dont vous remettrez les péchés, ils leur seront pardonnés… Paix avec vous… Heureux ceux qui croient sans voir ! »

Que vous êtes bon, mon Dieu… Quel doux abord est le vôtre : « La paix soit avec vous… La paix soit avec vous ! » « Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie. » Que vous êtes bon et quelle plus douce faveur, quel plus grand honneur pouvez-vous nous faire que de nous donner la même mission que vous avez eue Vous-même, la même fin sur la terre que vous avez eue ! de nous appeler si nettement à vous imiter, à vous être semblables, à reproduire votre vie, vos œuvres, à être votre fidèle image ! Quoi de plus doux à un cœur qui aime que l’invitation à imiter ainsi !.. Vous donnez le moyen à tous les hommes de voir leurs péchés remis, effacés, détruits, presque aussitôt qu’ils ont eu le malheur de les commettre, d’être purifiés presque aussitôt qu’ils ont eu le malheur de se souiller, d’être en quelque sorte toujours purs à vos yeux, toujours purs aux yeux de leur Bien-aimé, d’être toujours agréables aux yeux de leur Époux, toujours en grâce près de lui et de paraître en grâce et agréables à ses yeux à l’heure de la mort et du jugement suprême ! Que vous êtes divinement bon et que nous sommes heureux ! Jusqu’à la fin et après même votre résurrection vous accomplissez votre œuvre, vous remplissez votre but, vous travaillez à atteindre « votre unique volonté », votre unique désir : allumer dans nos cœurs le feu de votre amour que « vous êtes venu porter sur la terre » ; nous souhaiter la paix, qu’est-ce sinon nous souhaiter de vous aimer, puisque cela seul peut nous donner la paix ?.. Nous offrir la rémission de nos péchés, qu’est-ce sinon nous offrir le moyen d’être toujours purs, ou ce qui est la même chose, saints et parfaits, c’est-à-dire aimants, puisque toute perfection et toute sainteté sont contenues dans l’amour divin !.. Que vous êtes bon, mon Dieu, de nous tirer toujours, toujours à la chose la plus douce qui soit en cette vie et dans l’autre, à celle qui fait tout le bonheur de la terre et tout celui du ciel, à l’amour de Dieu !
« Paix avec vous », que ce soit le mot que nous disions en entrant dans les maisons, en abordant les humains, à l’exemple de notre Époux… « Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie » ; notre Époux nous donne la même mission qu’il a eue lui-même : c’est dire que nous devons l’imiter en tout et continuer sa vie, accomplir sa mission comme il l’a accomplie lui-même, être en tout sa fidèle image ; c’est dire aussi que notre fin sur la terre est la même que la sienne : glorifier Dieu, cela en sanctifiant nous-mêmes et les autres ; ce qui se fait en nous sanctifiant nous-mêmes d’abord, en ne pensant d’abord qu’à notre seule sanctification personnelle, car tant que nous ne sommes pas saints, nous ne pouvons rien pour les autres, et dès que nous sommes saints nous leur faisons naturellement et nécessairement un bien immense ; se sanctifier soi-même consiste à aimer Dieu parfaitement, amour qui contient toute perfection. Aimons donc Dieu puisqu’en cela consiste l’accomplissement de notre fin et toute l’imitation de notre Bien-aimé Jésus !.. Approchons-nous souvent, et aussitôt que nous nous sentons la conscience troublée, lourde d’une faute considérable, du sacrement qui détruit les péchés, nous purifie, nous rend de nouveau agréables aux yeux de notre Époux… Soyons profondément contrits de nos péchés par lesquels nous lui déplaisons, l’offensons ; notre douleur de lui déplaire, d’être désapprouvés, blâmés par lui, de l’avoir offensé, d’avoir contristé son Cœur, doit être d’autant plus amère que nous l’aimons davantage. La mesure de notre contrition sera donc celle de notre amour : on a une telle douleur d’avoir déplu, offensé, contristé, si peu que ce soit, l’être aimé, quand on aime !.. Croyons sans voir : « Le juste vit de foi »… Il aime « par foi » un Dieu qu’il ne voit pas et cet amour est sa vie… Il obéit « par foi » à un homme faillible à cause de la parole infaillible de Dieu : « Qui vous écoute m’écoute », parole qu’il n’entend pas, mais qu’il croit « par foi ». Il imite « par foi » Jésus qu’il ne voit pas, par « foi » aux livres saints et à l’Église… Il contemple « par foi » un Dieu qu’il ne voit pas, mais en qui il « a foi »… Vivons de foi, c’est la vie du juste, la vie surnaturelle, la vie divine ici-bas. Paix avec vous… Vous nous souhaitez l’amour qui peut seul nous donner
 [1]… Oui aimons Jésus. Souhaitons à toute âme d’aimer Jésus. C’est « l’unique nécessaire » [2].


[1Un mot manque par suite de la déchirure du papier.

[2M/522, sur Jn 20,19-29 en C. DE FOUCAULD, L’imitation du Bien-Aimé. Méditations sur les Saints Évangiles (2), Nouvelle Cité, Montrouge 1997, 285-287.